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 Tres beau texte sur la westfield

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Enzo
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Date d'inscription : 19/02/2017
Localisation : Lille

MessageSujet: Tres beau texte sur la westfield    Jeu 26 Oct 2017 - 20:43

Le plaisir de rouler en westfield.
« Il y a le froid, et puis il y a le froid en west. Avoir froid en westfield, c’est comme un froid qui vous brise les os. Les grandes mains du vent pressent la chaleur hors de mon visage et le balayent d’un revers ; piégé par une pluie froide d’octobre, les gouttes ne ressemblent pas à de l’eau. Elles sont comme des tessons d’os tombés des cieux de l’enfer pour me transpercer le visage. J’attends d’arriver avec mes joues et mon front maculés de sang, mais ce n’est qu’une illusion, la misère d’un système nerveux qui n’est pas conçu pour des limitations vitesses d’autoroute.
Malgré cela, il m’est difficile de renoncer à ma westfield à l’automne, et je me presse de la remettre sur la route au printemps ; de tels moments de folie sont normaux parmi les passionnés. Quand vous introduisez une westfield dans votre vie vous êtes changé à tout jamais. Mais quand finalement arrivent les beaux jours, toutes les gouttes froides et les averses sont remboursées intégralement, car un été n’a pas de prix. Une west n’est pas simplement une voiture ; la différence entre conduire une voiture et piloter une westfield est comme la différence entre regarder la télévision et vivre votre vie.
Nous passons tout notre temps enfermés dans des boites, et les autres voitures ne sont que les boites roulantes qui nous passent de la boite-maison à la boite-boulot puis à la boite-supermarché et retour ; tout le temps englouti dans de l’air rance, avec une température régulée, isolés du bruit, et dans l’odeur de tapis.
Dans une westfield, je sais que je suis vivant. Quand je pilote, même le quotidien me paraît étrange et glorieux. L’air a du poids et de la substance lorsque je le pourfends, et son toucher est aussi intime que celui de l’eau pour un nageur. Je sens les masses d’air froid qui stagnent sous les arbres et les et les rayons chauds du soleil qui les transpercent. Je vois tout dans un arc de 360 degrés, tout autour, plus large que le Pana Vision et que l’IMAX, et sans les restrictions d’un plafond. Parfois j’entends même de la musique. C’est comme entendre des téléphones fantômes sous la douche, ou de fausses sonnettes quand on passe l’aspirateur ; le cerveau, féru de logique, cherche des signaux dans le bruit, fait surgir des présences acoustiques du rugissement de l’air. Mais en westfield j’entends des chansons entières : du rock’n’roll, de sombres orchestres, des chœurs de femmes, toutes cachées dans l’air et libérées par la vitesse. A partir d’une certaine vitesse, les odeurs deviennent étrangement vives. Toutes les senteurs uniques d’arbres, de fleurs et d’herbes volètent tels des notes chimiques d’une immense symphonie végétale.
Parfois les odeurs évoquent des souvenirs si puissants qu’il semble que le passé flotte, invisible, dans l’air qui m’entoure, ne voulant que la plus rudimentaire des machines à remonter le temps pour le déverrouiller. La quantité et la variété des stimuli sont un bain pour mon système nerveux, un massage électrique pour mon cerveau, une révision de systèmes pour mon âme.
Cela m’arrache des sourires : il y a un instant, j’étais maussade, déprimé, apathique, insensible ; mais maintenant,a mon volant, de grands sourires ébouriffés battent contre mes joues, émanant de moi tel l’air d’un avion en décompression.
Le transport n’est qu’une fonction secondaire. Une westfield est une machine à plaisir. C’est une machine merveilleuse, un faucon de métal, un guépard motorisé. Elle est claire et sombre et brillante et crasseuse et chaude et froide tout à la fois ; c’est un conduit de grâce, un catalyseur pour joindre le graveleux et le sacré. Je n’échangerais pas une seconde des bon temps ou de la misère. Apprendre à piloter une westfield est une des meilleures choses que je n’ai jamais faites.
Les autres voitures nous mentent et nous disent que nous sommes en sécurité, puissants dans notre maitrise. Les turbines de la climatisation murmurent de fausses assurances et chuchotent, « Dors, dors ». Les west nous racontent une vérité plus utile : nous sommes légers et exposés, roulant probablement plus vite qu’il le faut, mais ce n’est pas une raison pour ne pas apprécier chaque minute du parcours. maintenant a vos westfield et rouler, rouler, voyager...
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